jeudi 7 janvier 2010

Larbi Messari dévoile à une délégation canadienne les manoeuvres algériennes contre l'intégrité territoriale du Royaume


Larbi Messari dévoile à une délégation canadienne les manoeuvres algériennes contre l'intégrité territoriale du Royaume


'auteur journaliste marocain, M. Larbi Messari a dévoilé à une délégation de jeunes canadiens, actuellement en visite au Maroc, les manoeuvres ourdies par l'Algérie en vue saper les efforts du Royaume visant à trouver un règlement politique à la question du Sahara marocain.





Intervenant lors d'une réunion, initiée mercredi par l'Institut national marocain de la jeunesse et de la démocratie, l'Association "humanité sans frontières" et le Forum des Jeunes Marocains, au profit de jeunes Québécois, M. Messari a donné un aperçu sur les manoeuvres des ennemis de l'intégrité territoriale du Royaume, depuis la Marche verte et le départ du colonisateur espagnol, jusqu'aux complots fomentés contre l'Initiative d'autonomie, proposée par le Maroc pour parvenir à une solution politique au conflit artificiel autour du Sahara.

L'auteur marocain, qui intervenait sur le thème "Projet d'autonomie, historique de la question du Sahara", a affirmé que l'attitude de l'Algérie fait rater aux peuples de la région, des opportunités historiques de s'unir dans le cadre d'un Maghreb fort et solide, capable de relever les défis posés par la mondialisation et les grands groupements économiques.

Il a, par ailleurs, souligné que le discours royal du 3 janvier à l'occasion de l'installation de la Commission consultative pour la régionalisation (CCR), constitue un important pas en avant dans la mise en oeuvre du processus de régionalisation.

Le programme de la visite de la délégation canadienne qui se poursuivra jusqu'au 8 janvier, comprend également des rencontres avec des partis politiques, des institutions nationales et des organisations de la société civile.

Mustapha Naïmi : «Le Sahara ne peut pas être pris pour unique cible»


Mustapha Naïmi : «Le Sahara ne peut pas être pris pour unique cible»

À propos de la mission de la CRR, Mustapha Naïmi pense qu’il est important de formuler des propositions qui pourraient déboucher sur une régionalisation effective.

ALM : SM le Roi a annoncé le lancement du chantier de la régionalisation. Comment voyez-vous cette démarche ?
Mustapha Naïmi :La régionalisation trouve son sens lorsqu’elle confère à l’espace unedimension politique et administrative qui porte aussi, à travers letemps, des diverses significations. Ainsi peut-on parler, pourreprendre une formule heureuse, de mémoire de l’espace et del’identité. Ce sont ces deux aspects constitutifs du patrimoineterritorial qui construisent dans le temps, à la fois de manièreconcrète et idéelle, la portée des régions gérées dans un cadrepolitique et administratif nouveau. Les différentes catégories quiconstituent la région dans son milieu spécifique peuvent bénéficier del’éclairage de la perspective historique. Celle-ci peut rendre comptede ces écritures monographiques d’une part, modélisatrices de l’autre,et de leurs contradictions mutuelles et intrinsèques, il faut valoriserl’histoire sociale des savoirs géographiques, anthropologiques etsociologiques. Cette démarche, celle d’une analyse pluridisciplinairede modes de construction de l’espace, convoque des apports savants,sans assignation restrictive au seul savoir juridique comme science.

LeSouverain a affirmé que le Sahara marocain sera parmi les premiersbénéficiaires de la régionalisation. Quelle analyse en faites-vous?
Cettedémarche ne peut être dissociée de la stratégie de la restructurationde l’Etat par démarcage à partir de ses frontières depuis la Mauritanieà la Méditerranée. Le Sahara ne peut pas être pris pour unique cibleici. L’histoire de la régionalisation passe par le jugement que l’onporte sur le droit à l’autodéfinition de tous les Marocains. Ladémarche pluridisciplinaire, illustrée par le grand débat sur lesmarges de manœuvre qu’a l’Etat devant un tel enjeu, fait de lui lepoint de mire. Si les explications et définitions que donnent lesjuristes du droit international à la Sagya al-Hamra et Rio de Oro sontsi peu convaincantes, souvent même contradictoires, la raison doit enêtre recherchée dans le cadre même d’une portion d’espace homogénéisépar l’anthropologique, le géographique, l’économique, le sociologiqueet le politique. Se limiter à la Sagya al-Hamra et Rio de Oro, c’est selimiter à une région aussi étroite, c’est se fermer la seule voie quipermette de distinguer entre les apports limités du droit internationalsans prendre en charge les corrélations véritables de l’histoire desstructures politiques et c’est ignorer la comparaison entre desensembles semblables. Or, en une matière aussi complexe, se limiter àun seul cas d’observation, c’est se condamner d’avance à ne pouvoirrien prouver. S’agissant de la déconstruction analytique de l’approcheséparatiste, il ne faut rien céder en rudesse, il faut surtoutparticiper au marquage du point de vue de la sociologie historique. Ilfaut tamiser un corpus de monographies empruntés principalement auvivier de la rigueur pluridisciplinaire dans la définition des aspectstraités.

Comment trouvez-vous la composition de la Commission consultative?
Onne peut estimer quelle serait la force des conclusions de travaux quesi elles se joindraient à une bonne qualité en matière de vigueur et desûreté de la méthode scientifique. D’abord les sujets monographiquesdoivent être réellement esquissés et les conclusions particulièresdéfinitivement acquises. Puis, et surtout, des éléments solides obtenuspour une connaissance des phénomènes et des fonctionssocio-économiques, morceau par morceau, le travail serait fait. Dans unmême ordre d’idées, le découpage régional passe par la possibilitéd’accéder au général à partir du déterminisme tellurique de lagéographie et sa propension à la description analytique.

SM le Roi a appelé la Commission à établir un modèle maroco-marocain de la régionalisation. Qu’en dites-vous?
Pourfaire œuvre d’une portée authentique, il faut étudier les variationsstructurales régionales, car les frontières ne peuvent être étudiéesméthodiquement et minutieusement qu’à la condition d’éviter lestâtonnements respectifs des disciplines et leurs situations – à défautde combats ou d’échanges – transfrontalières. Un premier axe communtraverse les contributions, celui qui lie la science à l’action. Eninvestissant le thème de l’organisation régionale, l’approchepluridisciplinaire reste la seule apte à articuler les démarchescognitives à des gestes politiques à échelle nationale. L’articulationse décline selon différentes postures. Il peut s’agir d’un simpleengagement citoyen qui n’exclut pas une appartenance politique. Maisc’est seulement à partir de là que science et conscience politiquesemblent se féconder mutuellement. Il importe de formuler despropositions, qui pourraient déboucher sur une régionalisationeffective, privilégier la tribune savante et celle de la base : lespropos des gens simples doivent toujours prendre place dans desélaborations ou sur des supports analytiques émanant de la Commission.

Quels sont les défis auxquels est confrontée la Commission dans le cadre de l’accomplissement de sa mission ?
Sonparcours se double rapidement d’une fonction d’expertise et de rôlesimportants dans les institutions gouvernementales ; épisode pourtanttransitoire si l’on juge par la limite de la durée. En effet, lesmarges de manœuvre de la commission inscrivent son activité dans ledomaine de la recherche appliquée, et donc seule l’ambition théoriqueet méthodologique concrétisera son parcours. Son résultat se comprendraalors en liaison avec les événements politiques ayant affecté le statutde l’État et le territoire du Maroc historique. Les formestraditionnelles d’occupation de l’espace ne sont pas des pertesterritoriales, seul le niveau de centralisation de l’Etat depuis 1912au nord et 1934 au sud réduit le sort des groupes territoriaux. Ceux-cidoivent devenir aujourd’hui une partie intégrante de la réflexion, mêmethéorique, sur la régionalisation.

mercredi 6 janvier 2010

SM le Roi lance le chantier stratégique du Maroc des régions


SM le Roi lance le chantier stratégique du Maroc des régions

SM le Roi Mohammed VI a annoncé, dimanche 3 janvier, dans un discours à la Nation, l’installation de la Commission consultative de la régionalisation.



Le chantier structurant de la régionalisation avancée passe au stade de la concrétisation. SM le Roi Mohammed VI a annoncé, dimanche 3 janvier, dans un discours à la Nation, l’installation de la Commission consultative de la régionalisation (CCR). «C’est un moment fort et solennel», a affirmé le Souverain. SM le Roi a précisé que le lancement de ce chantier constitue un tournant majeur dans les modes de gouvernance territoriale. «Nous entendons également en faire un prélude à une nouvelle dynamique de réforme institutionnelle profonde», a poursuivi le Souverain. La composition de la CCR comprend plusieurs personnalités de diverses sensibilités appelées à contribuer à l’effort de conception du projet de la régionalisation. «Considérant le caractère multidimensionnel de la régionalisation, Nous avons tenu compte, dans la composition de cette commission, de l’attachement, particulièrement patriotique, de ses membres à l’intérêt général, de la diversité de leurs profils et sensibilités, et de la complémentarité de leurs spécialités, ainsi que de leur grande familiarité avec la chose publique et les spécificités locales et régionales de leur pays», a souligné le Souverain. Cette Commission, présidée par l’actuel ambassadeur du Maroc en Espagne, Omar Azziman, aura un délai de six mois pour accomplir la mission qui lui a été assignée par le Souverain. SM le Roi a appelé la Commission à élaborer un système national novateur de régionalisation et ce, en évitant de sombrer dans la reproduction des expériences étrangères. «Nous invitons la Commission à s’attacher à mettre au point un modèle maroco-marocain de régionalisation, issu des spécificités de notre pays. L’une de ces spécificités fondamentales est que la Monarchie marocaine figure parmi les plus anciennes du monde», a dit le Souverain.
Selon SM le Roi, la conception de régionalisation doit être élaborée en s’appuyant sur quatre fondamentaux. Il est question dans un premier point de l’attachement aux sacralités et aux constantes de la Nation, notamment l’unité de l’Etat. La consécration du principe de solidarité est le deuxième principe. Le troisième principe fondamental est «la recherche de l’harmonisation et de l’équilibre, ainsi que la prévention des interférences et des conflits de compétences. L’adoption d’une large déconcentration est le quatrième fondamental».
SM le Roi a affirmé que le lancement de ce chantier ambitionne d’atteindre plusieurs objectifs. Il s’agit tout d’abord de «l’avènement de régions à part entière viables et stables dans le temps, fondées sur des critères rationnels et réalistes». Le deuxième objectif est «l’émergence de conseils démocratiques disposant des prérogatives et des ressources dont ils ont besoin pour prendre en charge le développement régional intégré». En plus, le Sahara marocain sera parmi les premiers bénéficiaires de la régionalisation. «Nous entendons, entre autres objectifs majeurs, placer nos provinces du Sud récupérées parmi les premiers bénéficiaires de la régionalisation avancée», a affirmé le Souverain, ajoutant que «le Maroc, en effet, ne peut se cantonner dans l’immobilisme, alors que les adversaires de notre intégrité territoriale s’évertuent à entraver le processus onusien visant à trouver une solution politique réaliste et mutuellement acceptable au conflit artificiel suscité autour de ces provinces, solution fondée sur Notre Initiative d’autonomie, réservée au Sahara marocain».

Le développement du Sahara en chiffre


Le développement du Sahara en chiffre

L’indice de développement humain des trois régions du sud est de 0,729 contre 0,672 au niveau national.
Scolarisation, santé, éducation, accès aux infrastructures…, elles font largement mieux que la moyenne nationale.
Le taux de pauvreté le plus bas du Maroc et un niveau de vie réel supérieur à celui des pays arabes.

C’est l’histoire d’un rapport qui n’a jamais été publié. Le fait n’est pas inhabituel certes, mais s’agissant des provinces du sud, il prend toute son importance. Mené par un expert indépendant et aboutissant, de surcroît, à des conclusions très positives, son cas intrigue : pourquoi le Maroc n’en a-t-il pas profité, notamment pour améliorer son image à l’international dans le dossier du Sahara ? Car, si l’on devait retenir une seule conclusion, c’est que 35 ans après leur récupération, les territoires compris dans les provinces du sud se sont totalement transformés. En 1975, ces régions affichaient les taux de développement les plus bas. Aujourd’hui, ils sont dans le haut du panier.
Basé sur les chiffres officiels fournis par les administrations, sur les travaux du Haut commissariat au Plan (recensement, enquêtes sur l’emploi, sur le niveau de vie, sur la consommation) ainsi que des enquêtes de terrain, le rapport a été élaboré, à la demande de l’Etat, par un économiste, ex-expert auprès du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Titré «Rapport sur le développement humain dans les provinces du sud du Royaume : Acquis et perspectives», il a été finalisé en août 2008, mais n’a jamais fait l’objet d’une communication publique.
En 1975, près de 50% de la population du Sahara vivait en dessous du seuil de pauvreté et l’analphabétisme était quasi généralisé. De même, l’indice de développement humain dans cette zone était déjà largement inférieur à celui affiché à l’époque par le reste du pays. Après un long processus de développement initié par les pouvoirs publics, la situation aujourd’hui s’est complètement inversée. Ainsi, les conditions de vie dans les trois régions de Oued Ed Dahab-Lagouira, Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra et Guelmim-Smara sont meilleures que celles de toutes les régions du pays, à l’exception des deux régions centrées autour de Rabat et de Casablanca.
Entre 1984 et 2004, le niveau de vie a pratiquement doublé dans les provinces du sud. Le PIB par habitant a connu une croissance telle qu’il dépasse aujourd’hui la moyenne nationale dans les deux régions de Oued Ed Dahab et de Laâyoune. Les salaires versés par l’administration publique y sont pour beaucoup puisque celle-ci accorde 84% de la rémunération de l’ensemble des salariés des trois régions, soit l’équivalent de 8 milliards de DH.
Le taux de croissance du bien-être économique (PIB par habitant exprimé en partie de pouvoir d’achat) ou encore du niveau de vie réel lui aussi y a atteint des taux records : 3,3% par an contre 1,7% pour l’ensemble du Maroc. Le taux de pauvreté y est passé de 29,4% en 1975, qui était le taux le plus élevé au Maroc à l’époque, à 9,6% en 2004, le plus bas du pays. En vingt ans, la pauvreté a diminué de 66%, soit deux fois plus rapidement qu’à l’échelle nationale.

On vit trois ans de plus à Oued Dahab qu’au niveau national

Le niveau d’instruction et d’alphabétisation n’a pas été en reste. Il a nettement progressé. Le taux de scolarisation au sein de la population en âge d’aller à l’école (entre 6 et 22 ans) a atteint 77,5%, en 2006, dans les trois régions du sud. Un résultat largement au-dessus de ce qui est réalisé dans les autres régions, à l’exception de celles du Grand Casablanca (84%) et de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër (78,9%).
A l’instar de l’enseignement, la santé s’est nettement améliorée. En atteste l’évolution positive de l’espérance de vie à la naissance qui, en 2006 déjà, était de 74,8 ans à Oued Ed Dahab-Lagouira, 73,4 ans à Laayoune-Boujdour-Sakia El Hamra et 72,3 ans à Guelmim-Smara ; alors que la moyenne nationale plafonnait à 71,8 ans. Les vastes programmes prioritaires mis en place par les pouvoirs publics ont permis de renforcer tous les indicateurs de santé publique de manière à réduire l’écart entre les régions du sud et celles du Grand Casablanca et de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër qui détiennent les meilleures performances à ce niveau. Alors que le taux de mortalité des enfants de moins d’un an est de 37 pour mille à l’échelle nationale, la région de Oued Ed Dahab-Lagouira enregistre 22,9 pour mille, 32,9 pour mille à Guelmim-Smara et 33,8 pour mille à Laayoune-Boujdour-Sakia El Hamra. Mais les régions du Grand Casablanca et de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër continuent à détenir les meilleurs taux avec respectivement 15,2 pour mille et 21,5 pour mille.
La même évolution a été enregistrée au niveau de la qualité des équipements sociaux. En 2004 déjà, le taux d’accès des ménages au réseau d’eau potable était supérieur à la moyenne nationale. Même chose pour l’accès à l’électricité dont le taux de couverture atteint 93,2% à Laâyoune et 75,9% à Aousserd alors que la moyenne nationale est de 71,6%. Seule la province de Tata affiche encore un taux d’électrification inférieur à la moyenne nationale, mais légèrement, puisqu’il est de 70,1%.
Les trois régions sont en outre mieux équipées en matière de télécommunications. Elles sont mieux couvertes que la plupart des autres régions du pays. Alors que la moyenne nationale de personnes disposant d’un téléphone portable était de 60,6% en 2004, les trois régions du sud faisaient mieux avec 72,8% pour Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra, 66,2% pour Oued Ed Dahab-Lagouira et 62% pour Guelmim-Smara.
Résultat de ces évolutions, un indicateur de développement humain en hausse très notable. En 1975, l’Indicateur du développement humain (IDH) de ces trois régions marocaines du sud était de

0,408. A

l’époque, il était inférieur de 6,2% à celui du Maroc et de 51% à celui de l’Espagne. Dix ans plus tard, ces trois régions allaient rattraper le retard qu’elles avaient par rapport au reste du pays et, en 2006, elles le surclassent, l’IDH y a été calculé à 0,729. C’est nettement mieux que l’IDH national estimé lui à 0,672. Le Maroc serait classé, en fonction de cet indice, au 120e rang dans le classement dans les échelles du PNUD. Prises isolément, les trois régions du sud «monteraient théoriquement jusqu’au 107e rang», soit le niveau de développement «des pays qui tendent à concourir en tête du groupe de pays à développement humain moyen», précise-t-on.
Selon le rapport, «la poursuite de la croissance de l’IDH des provinces du sud au rythme actuel très élevé de 2,3% par an entre 2004 et 2006 leur permettrait potentiellement de franchir d’ici cinq ans le seuil de 0,800, considéré par le PNUD comme celui d’un développement humain élevé».
Le rapport en conclut alors que «les acquis accumulés dans les provinces du sud depuis leur réintégration au Royaume devraient, à terme, leur permettre de franchir le seuil de l’irréversibilité en termes de développement humain».

Avec 2,7% des habitants, elles produisent 4% de la richesse nationale

Cette évolution spectaculaire reste pourtant mitigée sur le plan économique. La part de ces régions dans la création de richesses s’est élevée en 2004 à seulement 4% de la production nationale et, depuis, elle n’a pas progressé grandement en part relative. Mais c’est une contribution jugée quand même importante eu égard au poids démographique de la région (2,7% de la population du pays).
Il n’en demeure pas moins que les provinces du sud recèlent un important gisement de croissance. D’après le rapport, «l’activité de pêche maritime peut devenir un relais de croissance décisif». En 2006, déjà, les débarquements de produits de la pêche côtière à partir des régions du sud représentaient 67% en quantité et 40% en valeur du total des débarquements provenant de la côte atlantique du Royaume. Cette performance est due, principalement, aux efforts déployés ces dernières années par les pouvoirs publics pour le renforcement des investissements en matière d’installations portuaires et d’infrastructures industrielles, commerciales et de formation professionnelle.
Aussi, toutes les villes du sud de l’Atlantique marocain (Dakhla, Laâyoune, Tan Tan, Tarfaya et Boujdour) disposent-elles de ports de pêche. S’y ajoutent 10 villages de pêche avec les points de débarquements qui renforcent la pêche artisanale. L’artisanat est aussi une activité prometteuse. Pour favoriser son essor, les pouvoirs publics ont construit des ensembles artisanaux au profit de 300 artisans à Laâyoune, Oued Ed Dahab, Guelmim, Assa-Zag, Tan Tan et Smara. De même, 11 centres dispensent une formation à 2 900 lauréats dans les filières de l’artisanat.
Autre secteur porteur : le tourisme. La région dispose d’un potentiel touristique important pour une offre touristique de qualité en direction à la fois du marché intérieur et de la clientèle internationale. D’importants investissements ont été réalisés dont 10 unités hôtelières classées dans la région de Guelmim-Smara et 12 dans Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra.

Destination attractive pour les habitants des autres régions

Naturellement, relève le rapport, les trois régions du sud du Maroc s’avèrent être un espace d’accueil de populations désireuses de profiter des opportunités d’emploi et d’activité ainsi que des équipements, infrastructures et services sociaux. Entre 1999 et 2004, la région de Oued Ed Dahab-Lagouira a accueilli l’équivalent de 20,5% de sa population ; Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra 14,9% et Guelmim-Smara 9,1%. Les régions à faible taux de pauvreté ont attiré les plus grands flux migratoires, fait-on remarquer.
La croissance de cette population n’est donc pas due à une augmentation exceptionnelle du taux de natalité même si le nombre moyen d’enfants par femme y est élevé, comparé à la moyenne nationale. (En 2004, il a été de 3,5 à Oued Ed Dahab, de 3,1 à Smara et Boujdour, de 2,9 à Assa-Zag et à Tata et de 2,6 à Laâyoune contre 2,5 à l’échelle nationale).
Ce phénomène a accentué ainsi le processus d’urbanisation dont le taux est passé de 68,4% en 1994 à 71,5% en 2004 contre 55,1% à l’échelle nationale. Ce taux s’élève à 92,3% à Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra, contre 62,2% pour Oued Ed Dahab-Lagouira et 60% pour la région Guelmim-Smara.
Le rapport préconise ainsi de «préparer la suite du processus de développement, d’équipement, d’infrastructures et de prestations de services sociaux dans les provinces du sud dans une perspective où, à l’instar d’Agadir au centre du Royaume, des villes comme Laâyoune, Dakhla, Boujdour, Guelmim et Tan Tan pourraient devenir des pôles d’attraction humaine et des espaces de croissance économique». Il recommande également d’anticiper la pression que ces développements auront sur le secteur de l’habitat, les services sociaux et sur les infrastructures et équipements locaux. Sinon, mettent-ils en garde, «ce sont les acquis de trente années de croissance de l’IDH qui seraient (compromis) si la planification stratégique ignorait l’évolution de la démographie des provinces du sud».





Historique :Du ministère des affaires sahariennes à l'Agence du sud






Le remarquable essor réalisé dans cette région dénote d’un «volontarisme particulier engagé par les pouvoirs publics dans cette partie du pays», souligne l’ancien représentant du PNUD au Maroc. Selon M. De Casterlé, le développement des provinces du sud a été «une priorité gouvernementale dès la réintégration de ce territoire au Royaume». C’est pour cela qu’un département chargé des affaires sahariennes a été mis en place au sein du gouvernement dès 1977 pour coordonner les actions sectorielles de l’Etat dans les provinces du sud.
En 1992, ce département ministériel a disparu. La coordination des différentes actions sectorielles de l’Etat dans les provinces du sud a été confiée à une administration dépendant du premier ministre.
Pour plus d’efficacité, les pouvoirs publics ont mis en place, dix ans plus tard, une nouvelle structure avec plus d’autonomie : l’Agence pour le développement économique et social des provinces du sud du Royaume.
Fonctionnant avec une nouvelle approche : la réalisation de projets de développement sur la base de partenariats qui impliquent les acteurs locaux et les habitants dans la définition des actions et des priorités.


Langues :Le hassanya mais aussi le français






La langue arabe reste la langue la plus dominante dans la région. Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, la langue française est de plus en plus présente dans nos provinces sahariennes. Le rapport souligne que le français est maîtrisé par 40,1% de la population de Laâyoune. De même que 38,1% des habitants de Oued Ed Dahab parlent cette langue et 35,4% à Smara alors que la moyenne nationale des personnes maîtrisant la langue française est de 30,4%.
Le dialecte saharien, le hassanya, est également très présent dans les provinces du sud. Elles sont quelque 195 000 personnes qui l’utilisent dont 87 000 personnes à Laâyoune, 68 600 à Guelmim-Smara et 13 500 à Oued Ed Dahab Lagouira. Le tachelhit est également courant dans les provinces du sud. On le trouve surtout dans la région de Guelmim où près de 50% de la population parlent ce dialecte

Affaire Aminatou Haïdar, l'arbre qui cache la forêt


Affaire Aminatou Haïdar, l'arbre qui cache la forêt

Sur le plan médiatique, le Maroc malmené, mais les lignes de la diplomatie officielle restent inchangées.
Derrière l’affaire Haïdar, une volonté du Polisario de détourner l’attention de son refus de retourner à la table des négociations.
Le Maroc se prépare à entamer la régionalisation de manière unilatérale.
«Si Aminatou Haïdar vient à mourir, le Polisario et les sahraouis seront à court d’arguments pour se maintenir dans une voie pacifique». Lundi 7 décembre, à l’occasion d’une émission de la Radio nationale d’Espagne (RNE), Abdelkader Taleb Omar, secrétaire général du Polisario et Premier ministre de l’autoproclamée république arabe sahraouie démocratique (RASD), a profité de l’affaire Haïdar pour lancer une énième menace de retour à la guerre. Fait nouveau, il ne s’est pas privé cette fois d’adresser un avertissement à l’Espagne, en affirmant que cette affaire laisse «une trace noire» dans les relations du pays avec les séparatistes.
Lancée le 15 novembre dernier à l’aéroport de Lanzarote (Canaries), la grève de la faim, initiée par la séparatiste Aminatou Haïdar à la suite de son refoulement vers l’Espagne, n’en finit pas de monopoliser l’attention des médias chez notre voisin du nord. Hommes politiques, stars et associations étrangères se sont succédé à ses côtés ou lui ont exprimé leur soutien. Quant aux articles de presse dédiés à cette affaire, ils se comptent désormais par milliers. Fait révélateur d’un scénario désormais bien connu du Maroc : ces derniers reproduisent de manière quasi uniforme la version des faits telle que présentée par le camp séparatiste. En revanche, très peu de journaux espagnols ont pris en compte les évènements tels que rapportés par la partie marocaine, ne serait-ce que pour critiquer cette dernière version.
Techniquement, le Maroc est dans son droit. Aminatou Haïdar a refusé d’indiquer sa nationalité sur la fiche de police, a renié sa nationalité devant le procureur du Roi et des témoins et a remis son passeport aux autorités marocaines. En vertu des conventions internationales, elle doit donc retourner à l’aéroport de son embarquement, soit l’île espagnole de Lanzarote.

Le Maroc perdant sur le plan de la communication...
Faut-il croire que, dans cette affaire, notre pays a sous-estimé la force de frappe médiatique du camp séparatiste ? Certains le pensent. «Le Maroc a une bataille difficile à mener contre la propagande. Nous devons l’affronter, tout en évitant de commettre des erreurs qui renforceraient l’adversaire. La décision qui a été prise concernant Aminatou Haïdar aurait dû faire l’objet d’une étude plus approfondie», regrette Larbi Messari, ex-ministre de la communication et fin observateur des relations maroco-espagnoles. Un sentiment que confirme Mustapha Naïmi, professeur universitaire et membre du Corcas. «Cette affaire, dit-il, va avoir des implications très lourdes. Alors que le travail réalisé pendant des années par le Maroc sur le plan des droits de l’homme avait permis d’amener l’opinion internationale et les ONG, en particulier espagnoles, à revoir leur position concernant la crédibilité et la légitimité de la position marocaine sur l’affaire du Sahara, tout ce que le Maroc a construit a été balayé par cette histoire. Pour reconduire ce processus, il va falloir fournir bien des efforts, et c’est en cela que l’action algéro-polisarienne est très dangereuse». Selon lui, cette mauvaise gestion risquerait même, si les choses continuaient de se dégrader ainsi, de faire perdre au Maroc le soutien de l’Espagne officielle tout comme celui de l’Afrique du Sud par le passé. A voir…

... mais gagnant sur le plan diplomatique
Malgré cela, le Maroc est loin d’avoir perdu sur toute la ligne, car si son image a été quelque peu ternie par la propagande médiatique, elle reste intacte au niveau de la diplomatie officielle. Si les opinions publiques, notamment en Espagne, se sont solidarisées avec la séparatiste, la position des gouvernements, elle, n’avait connu aucun changement à l’heure où nous mettions sous presse, mercredi 9 décembre.
Ainsi, la France a marqué un franc soutien au Maroc à l’occasion de la huitième session du Conseil d’association Maroc-Union européenne qui s’est tenue le 7 décembre. L’UE, elle, s’est refusée à intervenir dans ce problème, le considérant comme une affaire purement bilatérale. Par la voix de sa commissaire aux relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, l’UE s’est contentée d’exprimer sa confiance en la capacité du Maroc et de l’Espagne à trouver une solution «politique ou humanitaire de compromis».
Enfin, les Etats-Unis, qui ont confirmé début novembre qu’ils maintiendraient leur position quant au conflit du Sahara, se sont tout au plus contentés d’exprimer, il y a quelques jours, leur inquiétude pour la santé de Haïdar et d’appeler à la clarification de son statut juridique, sans émettre de commentaires sur les démarches qui ont mené à la situation actuelle.
Enfin, même en Espagne, qui s’apprête à prendre la présidence de l’Union européenne en janvier prochain, le discours officiel n’a pas changé. En réponse aux propos de Mohamed Cheikh Biadillah, secrétaire général du PAM, qui s’était rendu sur place pour communiquer sur cette affaire, José Luis Zapatero, le Premier ministre, a souligné les «zones d’intérêts communs» aux deux pays, et la nécessité que «l’intérêt général» puisse prévaloir malgré les difficultés.

L’Espagne sur le gril
Voilà pourtant près d’un mois que le gouvernement de Zapatero, dont les relations avec le Maroc ont connu une longue période de réchauffement, est sévèrement malmené par les médias espagnols, bien que le ministre des affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, n’ait pas ménagé ses efforts pour trouver une issue amiable à la crise. En effet, après avoir proposé à Haïdar de lui accorder le statut de réfugiée, la nationalité espagnole et même un logement pour elle et sa famille, le ministre est allé jusqu’à tenter de la faire ramener en avion au Maroc, vendredi et samedi 4 et 5 décembre, avant d’essuyer un refus de la part des autorités marocaines. En désespoir de cause, M. Moratinos est allé jusqu’à réunir les groupes parlementaires de son pays pour tenter de la convaincre de continuer sa démarche de protestation par d’autres moyens que la grève de la faim, et cela avant tout dans le but d’éviter un décès qui ne ferait qu’aggraver les choses. Enfin, son gouvernement a même fait appel au Haut commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR) et à l’Algérie pour l’aider à trouver une sortie de crise... Le premier n’a pas tardé à lui répondre : mardi dernier, Navi Pillay, numéro 1 du HCR, appelait à ce qu’Aminatou Haïdar puisse retourner dans son pays -sans donner davantage de précisions- tout en soulignant que c’est «à elle-même (Haïdar) de prendre la décision, qui est une décision individuelle». Une position qui ne contredit pas celle du Maroc, où, de source officielle, l’on souligne que c’est avant tout à la concernée de clarifier son statut. «Aminatou Haïdar est-elle marocaine ? réfugiée ? apatride ? algérienne ? “polisarienne” ? C’est comme elle le souhaite, elle doit juste s’exprimer à ce sujet», indique cet officiel marocain qui met en avant les contradictions du dossier. «Pour le passeport, le salaire, les indemnités versées par l’IER, elle veut être marocaine; pour ce qui est de ses positions, elle est ‘‘polisarienne’’ ; enfin, pour ses voyages, elle a eu recours à la logistique algérienne et dispose d’une carte de séjour espagnole. Elle veut être tout cela en même temps, ce qui n’est pas logique».
Enfin, il est à rappeler que si le secrétaire général de l’ONU s’est exprimé sur cette affaire, ce n’était pas pour prendre position contre la décision marocaine mais c’est avant tout par rapport à la situation de Haïdar et celle du sort du processus lancé à Manhasset.

Un blocage qui en cache un autre
Surmédiatisée, cette affaire a en effet occulté l’annulation, en raison d’un blocage de la part du Polisario, d’une deuxième rencontre informelle qui était prévue ce mois de décembre entre le Maroc et le Polisario. Les discussions étaient même suffisamment avancées pour que plusieurs dates soient retenues. L’Autriche avait d’ailleurs proposé d’accueillir l’événement, mais Christopher Ross, l’envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU au Sahara, a échoué dans sa tentative de convaincre la partie adverse. A l’instar de l’affaire Tamek et ses compagnons, la crise suscitée par Haïdar semble n’être vraisemblablement qu’un contre-feu déclenché par le camp séparatiste pour masquer son refus de retourner à la table des négociations. En prenant position sur cette question, le Polisario et son allié algérien sont désormais en train de mettre en danger la poursuite du processus de négociation en imposant des conditions préalables, là où le principe était justement qu’il n’y en ait pas.
Lancé en 2007, le processus de négociation avait débouché sur 4 rounds de négociation à Manhasset (Etats-Unis) qui s’étaient enlisés dans des questions de forme. Nommé en janvier 2009, désireux d’organiser des rencontres informelles auxquelles les protagonistes assisteraient «de bonne foi et sans conditions préalables», comme le veut la résolution du Conseil de sécurité, Christopher Ross n’est parvenu à organiser jusqu’à présent qu’une rencontre en août. Entre-temps, le Maroc, armé de son projet d’autonomie pour le Sahara, a réussi à marquer des points, particulièrement au niveau des organisations intergouvernementales comme le Conseil de sécurité de l’ONU, son Assemblée générale, mais aussi le Sommet des non-alignés et même l’Union Africaine.

Régionalisation interne
Reste que tant que le blocage persistera dans le camp séparatiste, il sera difficile pour le Maroc d’avancer vers un début de solution à la problématique du Sahara. Faute d’un retour à la table des négociations, le Maroc sera-t-il amené à poursuivre le processus de régionalisation en solo ? Une chose est sûre, plusieurs avertissements ont été lancés en ce sens par le passé, au cas où les discussions de Manhasset viendraient à échouer. Et c’est sans doute dans cette logique qu’interviennent les changements annoncés dans le discours royal du 6 Novembre dernier. En effet, au delà du «serrage des vis» annoncé à l’encontre des séparatistes de l’intérieur, le Souverain a réaffirmé l’attachement du Maroc au «processus onusien de négociation autour de notre Initiative d’autonomie» tout en annonçant un plan intégré destiné à faire bénéficier les provinces sahariennes de la primauté dans le processus de régionalisation avancée escomptée, de façon à conforter leur capacité à gérer leurs propres affaires locales et veiller à ce que le gouvernement fasse de ces provinces un modèle de déconcentration et de bonne gouvernance locale (...) en leur conférant de larges compétences sous la supervision, légale et ferme, des walis et des gouverneurs. Le tout sans oublier la restructuration du Conseil royal consultatif des affaires sahariennes (CORCAS) et en procédant à la révision du champ d’action de l’Agence de développement des provinces du sud.
Cette dernière initiative devrait continuer de renforcer la position nationale, y compris dans la perspective d’un retour à la table des négociations. Reste que, quoi qu’il décide, notre pays devra impérativement prendre en compte la force de frappe de l’adversaire sur le plan médiatique, en particulier auprès de l’opinion publique internationale, sans quoi des alliés précieux comme l’Espagne risquent de se retrouver en difficulté.
Dans cette affaire Haïdar, la partie marocaine a pris quelques initiatives louables bien que tardives, avec les visites de MM. Biadillah et Baraka en Espagne, la création d’une association des parlementaires sahraouis, ou l’annonce par le PAM de son intention d’envoyer, en réponse au discours royal du 6 Novembre, des délégations à Bruxelles, aux Etats-Unis et en Espagne pour défendre la cause marocaine et qui commence déjà à faire des émules chez les autres partis. Il faudra toutefois beaucoup plus pour contrer les réseaux en place depuis trente ans.


Médias :La version marocaine ? Impubliable en Espagne


A son arrivée à l’aéroport de Laâyoune en provenance des Etats-Unis, via Lanzarote, le 14 novembre dernier, Aminatou Haidar se refuse à accomplir les formalités d’usage en remplissant la case «nationalité» de sa carte de débarquement puis, en présence d’un procureur, renonce officiellement à sa nationalité marocaine et aux documents qui vont avec. Ne disposant plus de son passeport ou d’autres documents permettant son entrée sur le territoire national, elle est renvoyée vers le lieu de sa provenance, en l’occurrence l’aéroport de Lanzarote, conformément au règlement de l’Organisation de l’aviation civile internationale. Relevant de la loi espagnole sur les étrangers, elle a été autorisée à entrer sur le territoire espagnol en vertu de sa carte de séjour. C’est toutefois une tout autre version des faits qui a été rapportée par les médias espagnols : selon cette dernière, la concernée s’est vu confisquer ses papiers à la frontière marocaine avant d’être expulsée de manière abusive par le Maroc. Complice, l’Espagne l’aurait séquestrée sur son territoire. Désormais, Aminatou Haïdar réclame son passeport marocain et affirme «préférer se trouver dans une prison du Sahara occidental plutôt qu’en Espagne». Qui croire ? Il semble bel et bien que les médias espagnols aient fait leur choix. Ayant tenté d’approcher la quarantaine de journalistes présents à l’aéroport de Lanzarote pour leur présenter la version des faits marocaine, une quinzaine de membres de l’Association Sahara marocain (ASM) se sont heurtés au refus de ces derniers de les écouter. «Normalement, la démarche journalistique aurait voulu que l’on écoute la version de l’autre camp, puis celle des Marocains qui étaient présents sur place. Mais lorsque nous en avons parlé à certains d’entre eux, ils nous ont répondu : “Je m’en fiche” ou “je ne peux pas publier ça comme ça”», indique Reda Taoujini, président de l’ASM.

Options :Régionalisation : deux cheminements parallèles ?


Si l’opinion publique a retenu du discours royal du 6 Novembre dernier le tournant bienvenu que constitue la fermeté du Maroc par rapport aux séparatistes de l’intérieur, elle a moins donné d’importance au plan intégré de régionalisation lancé par le Souverain et qui signifie clairement que le Royaume avancera de manière unilatérale faute d’interlocuteurs. Il reste à savoir comment ces mutations vont se décliner, notamment au niveau du découpage des régions du sud et de l’Agence du sud. Récemment, le Premier ministre Abbas El Fassi a laissé entendre que la zone non contestée du Sahara pourrait être retirée des zones d’intervention de l’agence. «Le Maroc va très vraisemblablement poursuivre deux cheminements en parallèle : le premier va dans le sens de la légitimité internationale, et c’est ce qui explique les mesures récemment annoncées qui consistent à séparer la région de Guelmim de la région de Saquia El Hamra et Oued Eddahab. D’un autre côté, il va certainement trouver une solution parallèle qui permettra d’entamer un processus de régionalisation élargie qui implique les trois régions, dans le cadre de l’administration marocaine, en interne et loin de toutes les considérations internationales», explique Mustapha Naïmi, membre du Corcas.