mardi 19 janvier 2010

Biadillah: Le Polisario, un groupe de personnes qui sont les "otages de l'Algérie" dont ils servent la cause


Biadillah: Le Polisario, un groupe de personnes qui sont les "otages de l'Algérie" dont ils servent la cause


Le Polisario est un groupe de personnes qui sont les "otages" de l'Algérie dont ils "servent les causes", a souligné M. Mohamed Cheikh Biadillah, Secrétaire général du parti Authenticité et Modernité (PAM) et Président de la Chambre des conseillers.





"Ce sont des personnes qui, à l'époque, avaient des idéaux mais les choses ayant changé, il faut maintenant qu'ils réfléchissent et qu'ils reprennent l'envers de la thèse qu'ils avaient développée", a affirmé M. Biadillah qui était l'invité de Hamid Berrada dans l'émission "Mais encore" diffusée, lundi soir, sur la deuxième chaine 2M.

Natif de Smara, M. Biadillah qui a été mêlé de près à la naissance du "Polisario" et considère que sa "Sahraouité est dissoute dans (ma) marocanité", a ajouté qu'il parle du "Polisario" "avec une certaine tristesse", parce que ses dirigeants étaient ses "amis à Rabat".

"Ce sont des Marocains dont les parents étaient dans l'armée de libération et ils le savent pertinemment bien", a-t-il dit, donnant l'exemple du père du chef du "Polisario" Mohammed Abdelaziz, qui, a-t-il dit, est " un vétéran de l'armée de libération marocaine".

S'agissant du ralliement au Maroc d'un grand nombre de sahraouis de Tindouf, M. Biadillah a souligné que c'est une "hémorragie terrible" pour le "Polisario", estimant que leur nombre "entre 6.000 et 7.000", "un chiffre énorme", à ses yeux, surtout qu'il concerne des cadres supérieurs du "Polisario" c'est-à dire, "des cadres qui avaient théorisé et qui avaient un rayonnement".

Abordant le nombre de la population de Tindouf, que le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) n'a pas été autorisé à la recenser par l'Algérie et le "Polisario", M. Biadillah a indiqué qu'elle représente "le tiers de la population du Sahara, c'est-à-dire entre 30.000 et 50.000".

M. Biadillah a également souligné que la régionalisation va impulser la démocratie, notant que la question du Sahara "va être réglée grâce à la régionalisation élargie".

"La régionalisation est l'apogée d'un processus de réforme qu'a connu le Maroc depuis 10 ans", a-t-il soutenu, soulignant que ce chantier, impulsé par SM le Roi Mohammed VI, "est la réponse à ce monde multipolaire et l'espoir des nouvelles générations qui ont besoin de participer à la gestion des affaires de l'Etat".

jeudi 14 janvier 2010

Lavinia Limon : «La population de Tindouf vit dans un état critique»


Lavinia Limon : «La population de Tindouf vit dans un état critique»

Pour Lavinia Limon, présidente du Comité américain pour les réfugiés et immigrants USCRI), la population des camps de Tindouf vit dans des conditions critiques et c’est l’Algérie qui en est responsable. Pour elle, il s’agit de séquestrés plutôt que de réfugiés.



ALM : En quoi consiste le travail de votre comité ?
Lavinia Limon : Le Comité américain des réfugiés et immigrants a été créé en 1911 et il a pour but de venir en aide à ces personnes, en répondant à leurs besoins et en défendant leurs droits. Notre travail porte essentiellement sur le côté humain des conflits politiques, donc notre champ d’action porte sur tout ce qui rentre dans ce cadre, en essayant de faciliter les conditions de vie de ces gens. L’USCRI travaille pour promouvoir la pleine participation des migrants dans la vie communautaire. En outre, l’organisation défend les droits des réfugiés et des demandeurs d’asile dans le monde. L’USCRI offre des programmes de réinstallation, santé et nutrition ainsi que la défense des libertés. Notre organisme travaille avec le Congrès américain pour le compte de qui il établit un rapport annuel sur le respect des droits de ces personnes au niveau mondial.

Est-ce que vous vous êtes déjà rendue aux camps de Tindouf ?
Personnellement non, mais d’autres membres de l’USCRI y ont été en 2008. Et ils ont élaboré un rapport sur l’état critique qui prévaut dans ces camps dans lesquels la population ne jouit pas de ses droits. Ce rapport a été publié sur note site Internet www.refugees.org

Quelles sont les principales conclusions de ce rapport ?
Ce rapport a détaillé les conditions dans lesquelles vit la population de ces camps, qui est dans un état critique et dépourvue des droits que garantit le droit international à cette catégorie qui doit jouir des mêmes droits que les citoyens du pays d’accueil. Ces gens ne sont pas des réfugiés, mais plutôt des séquestrés.

Alors à qui incombe la responsabilité de la situation actuelle prévalant dans ces camps situés au sud-ouest de l’Algérie ?
La responsabilité incombe à l’Algérie en tant que pays d’accueil qui doit veiller à ce que la population des camps de Tindouf jouisse de tous ses droits, comme la liberté de circuler, le droit au travail. Grosso modo, tous les droits dont bénéficie le citoyen algérien.

Vous vous êtes récemment rendue à Laâyoune. Comment s’est passé votre séjour dans cette ville, alors que certaines parties essayent de déformer la réalité de ce qui se passe à Laâyoune, en avançant qu’elle est en état de siège permanent.
Après mon séjour dans cette ville, j’ai constaté que tout se passe normallement, les gens circulent comme ils veulent et mènent une vie normale. Les moyens de transports terrestres et aériens assurent la liaison avec cette ville, et c’est facile pour tout un chacun de s’y rendre et d’y passer le temps qu’il veut.

Le président de l'Assemblée nationale coréenne salue les efforts du Maroc pour une solution pacifique à la question du Sahara

Le président de l'Assemblée nationale coréenne salue les efforts du Maroc pour une solution pacifique à la question du Sahara


Le président de l'assemblée nationale de la République de Corée, M. Kim Hyong-O, a salué mercredi les efforts consentis par le Maroc pour parvenir à une solution pacifique et définitive à la question du Sahara.





Dans une déclaration à la presse, à l'issue d'un entretien avec le président de la chambre des Conseillers, M. Mohamed cheikh Biadillah, le responsable coréen a indiqué que son pays soutient les initiatives visant à trouver un règlement pacifique à cette question, dans le cadre de l'Organisation des nations unies.

M. Hyong-O qui conduit une délégation parlementaire de son pays en visite officielle au Maroc (12-16 janvier) a mis en exergue la solidité des relations maroco-coréennes, exprimant la volonté de son pays de renforcer les investissements coréens au Maroc et d'encourager les échanges commerciaux entre les deux pays.

Saluant les bons résultats affichés par l'économie marocaine malgré la crise économique mondiale, le responsable coréen a noté que les réformes entreprises au Maroc, sous la conduite de SM le Roi Mohammed VI, ont permis au Royaume d'enregistre des taux de croissance positifs.

Il a en outre fait état du soutien de son pays à la candidature du Maroc à occuper un siège de membre non-permanent du conseil de sécurité entre 2012 et 2013, ajoutant que la Corée du sud compte également sur le Maroc pour appuyer sa candidature à occuper ce siège en 2014 et sa candidature à l'organisation des jeux olympiques d'hiver en 2018.

Le paradoxe de l'Algérie: Répression du mouvement Kabyle et appui au "Polisario" pour déstabiliser le Maroc


Le paradoxe de l'Algérie: Répression du mouvement Kabyle et appui au "Polisario" pour déstabiliser le Maroc


Paradoxalement, l'Algérie, qui se mobilise pour la déstabilisation du Maroc en appuyant ouvertement les thèses des séparatistes du "Polisario", mène une guerre sans merci contre la population Kabyle, "l'une des plus pacifiques du pays", relève le journaliste et analyste espagnol, Chema Gil.





"Le gouvernement algérien (...), qui fait tout pour la déstabilisation du Maroc sur le dossier du Sahara occidental, mène la répression des berbères de Kabylie, donnant des ailes aux fondamentalistes qui n'hésiteront pas à exploiter toute faiblesse du régime pour gagner du terrain, un terrain jusque là épargné grâce à la mobilisation des habitants de cette région montagneuse algérienne, au risque de leur sécurité", affirme M. Gil, spécialiste des affaires maghrébines, dans une analyse sur les derniers évènements en Kabylie, publiée sur le site d'informations "Vega Media Presse".

"L'Algérie terrorise les berbères de Kabylie, qui font partie de l'authentique identité algérienne, au moment même où elle mène un sale jeu contre le Maroc", affirme l'analyste espagnol qui critique certains médias notamment espagnols, "qui ont consacré tant d'encre au cas Aminatou Haidar, et qui préfèrent maintenant taire les atrocités commises par l'Algérie en Algérie".

"Apparemment, l'affaire Haidar et le marketing en découlant est plus rentable. Le Front Polisario n'est pas un peuple, comme le Sahara n'a jamais été un Etat, mais pour les libéraux de notre pays (l'Espagne-Ndlr), ce qui se passe en Algérie ne peut être sujet à critiques", s'insurge le journaliste espagnol.

Selon Chema Gil, "les habitants de la montagneuse région de Kabylie ont su se maintenir en dehors des +circuits de la violence+ étatique, du terrorisme islamiste et de la guerre civile larvée qui a secoué ce pays maghrébin", mais au lieu de s'attaquer à la menace islamiste qui ronge le pays, "le gouvernement algérien préfère réprimer la région de Kabylie dont les habitants affrontent les islamistes et des forces de sécurité de plus en plus islamisées", ajoute l'analyste espagnol qui se fait écho de la condamnation par la "Ligue Espagnole pour les droits Humains" de la répression contre les habitants de la région de la Kabylie, menée par les services de sécurité algériens.

L'auteur de l'analyse rapporte, sur la base d'informations en provenance de l'Algérie, que les forces de sécurité algériennes ont mené, mardi, une répression contre les habitants de la Kabylie qui sont descendues dans les rues de la ville de Tizi Ouzou, à l'occasion de la célébration du nouvel an amazigh, pour revendiquer l'autonomie de la Kabylie.

Durant cette manifestation dispersée à coup de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc, plusieurs personnes ont été blessées et d'autres arrêtées par les forces de l'ordre, et dont le sort reste toujours inconnu, selon le "Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie" (MAK), cité par "Vega Media Presse".

"Peut on faire comme si de rien ne se passe ? Evidemment oui, mais on risque de devenir complice d'actions absolument condamnables", affirme en conclusion l'analyste espagnol.

Et si le Maroc était le vrai gagnant du bras de fer nommé Aminatou Haidar?


Et si le Maroc était le vrai gagnant du bras de fer nommé Aminatou Haidar?

L’Histoire nous apprend que les idées changent et que les ennemis d’hier peuvent devenir les alliés de demain. En tout cas, les centaines de cadres polisariens qui ont rallié la mère patrie ces vingt dernières années en attestent.

Aminatou Haidar est chez elle à Laâyoune depuis plus de trois semaines. Elle est confortablement installée dans la maison qu’elle a pu se procurer grâce aux indemnités qu’elle a perçues de la part de l’Instance équité et réconciliation (IER) et qu’elle a luxueusement meublée grâce aux honoraires et aux indemnités de déplacement qu’elle ne cesse de toucher à chaque fois qu’elle fait une tournée internationale pour défendre le séparatisme polisarien. Depuis qu’elle est rentrée, elle ne cesse de recevoir des visiteurs notamment venant de l’étranger. Certains, pour lui manifester leur soutien ou juste pour s’enquérir de son état, et d’autres, bien sûr, pour lui passer de vive voix des instructions émanant d’Alger. Bref, elle est là, chez elle, dans son pays, qu’elle trahit, mais qui, lui, tolère, ce péché considérant qu’elle finira comme tant d’autres polisariens par se rendre compte de son égarement. De très grands séparatistes à travers le monde ont fini par changer d’avis. Angel Colom, qui était un grand leader de l’indépendantisme catalan en Espagne, n’a-t-il pas fini par se convertir dans le nationalisme modéré tout en jouant un rôle historique comme médiateur pour la dissolution du groupe terroriste indépendantiste (Terra Lliure) ? L’Histoire nous apprend que les idées changent et que les ennemis d’hier peuvent devenir les alliés de demain. En tout cas, les centaines de cadres polisariens qui ont rallié la mère patrie ces vingt dernières années en attestent. Mais, le cas Aminatou Haidar reste toutefois une affaire assez particulière. Ayant été refoulée vers Lanzarote – selon sa version –, elle s’est transformée, en l’espace de quelques jours, en figure emblématique du «séparatisme de l’intérieur». Et, sur le plan national, elle est devenue la preuve de ce que d’aucuns considèrent comme «l’échec de la diplomatie marocaine». Pour beaucoup de chroniqueurs locaux, le Polisario gagne et le Maroc perd. Or, il s’agit de deux conclusions tirées très facilement, par naïveté politique dans certains cas, et par intérêt personnel dans d’autres. Pourtant, l’affaire mérite une analyse plus profonde ne serait-ce que pour la dimension internationale qu’elle a prise et la mobilisation nationale qu’elle a suscitée. Une telle analyse permettrait de répondre à une question simple et directe : «qu’est-ce que le Maroc a gagné, et qu’est-ce qu’il a perdu dans l’affaire Aminatou ?». Les esprits simplistes qui se sont acharnés sur la position marocaine au lendemain de l’annonce du retour d’Aminatou à Laâyoune considèrent que le Maroc a perdu la bataille car il a fini par céder à «la pression» et accepter le retour de Haidar. Or, qui ne savait pas que, tôt ou tard, il fallait qu’elle rentre au Maroc? Croire le contraire relève, sincèrement, de la naïveté politique. En fait, là où des analystes se sont trempés, c’est quand ils ont analysé l’affaire sous une focale diplomatique. Pour eux, le Maroc a expulsé Aminatou, sa diplomatie devait convaincre le monde entier de soutenir cette décision et le résultat devait être, selon cette manière de voir les choses, que la communauté internationale approuve la décision marocaine. Partant de cela, et le résultat n’ayant pas été conforme aux attentes, ils considèrent que la diplomatie marocaine a échoué. Maintenant, changeons de focale et regardons les choses autrement. Ce n’est pas la diplomatie qui est derrière le refoulement prétendu de Haidar. Cette décision supposée être préméditée n’est pas attribuable aux Affaires étrangères, elle relève d’autres services. Et partant de cela, on est censé analyser les choses autrement car les critères de réussite dans les services de renseignements diffèrent de ceux de la diplomatie. Vue sous cet angle, l’affaire Haidar permet de dégager plusieurs points en faveur du Maroc. D’abord, durant toute l’étape où la séparatiste se trouvait à Lanzarote, l’ensemble de la communauté internationale – celle dont le point de vue compte, évidemment – a reconnu, au moins, la «souveraineté administrative» du Maroc sur les provinces du Sud. Aucune puissance internationale n’a remis en cause, officiellement, le droit du Maroc à faire respecter la loi et les procédures en vigueur sur l’ensemble de son territoire. Les provinces du Sud ne sont pas un territoire colonisé, mais un territoire qui fait l’objet d’un conflit entre deux parties dont l’une a gagné la bataille politiquement et militairement, à savoir le Maroc et les Sahraouis unionistes. Et, de ce fait, le Maroc ne se trouve pas au Sahara en tant que colonisateur et, donc, il a le droit d’appliquer la loi nationale et les habitants du territoire ont l’obligation de la respecter. Aucune puissance internationale n’a dit le contraire. Le deuxième point à inscrire à l’actif du Maroc est la forte sensibilisation de la communauté internationale sur la nécessité d’accélérer la mise en œuvre du processus de négociations sur l’autonomie qui constitue l’unique voie capable de mettre fin au conflit. Le tapage international engendré par cette affaire n’a pas uniquement servi le Polisario, mais il a, surtout, servi la piste marocaine qui consiste à doter ce territoire d’une autonomie élargie. L’ensemble des pays membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU qui ont été appelés à s’exprimer sur cette affaire ont réitéré leur soutien au processus de négociations et leur appréciation de la proposition marocaine d’autonomie. Troisièmement, le Maroc a saisi cette occasion pour montrer, encore une fois, et pour les nouveaux leaders mondiaux qui viennent de prendre les commandes, son énorme capacité à mobiliser toutes ses composantes politiques et sociales à l’unisson sur l’affaire du Sahara. Un message clair pour ceux qui n’en avaient pas une idée précise sur le fait que les Marocains parlent d’une seule voix sur cette affaire et ce, même quand ils ne sont pas d’accord sur la nature de la démarche adoptée. Quatrièmement, l’affaire Haidar a permis au Maroc de montrer à ses adversaires une très grande confiance en soi. A travers cette affaire, il a pu envoyer un message de sérénité à ses ennemis conventionnels en leur disant qu’il est très confiant dans sa valeur géopolitique et qu’il peut compter pleinement sur la capacité de ses amis à être compréhensifs avec ses positions de principe. Et le résultat est là : aucune puissance internationale n’a haussé le ton contre le Maroc pour critiquer sa position sur l’affaire Haidar. Tous les messages étrangers étaient basés sur «la médiation pour des raisons humanitaires». Nos adversaires en ont certainement pris acte.
Comme ils ont certainement pris note aussi d’un message qui leur a été adressé par le Maroc à travers le dossier Aminatou, à savoir que le Royaume est capable de mettre fin à sa position de «main tendue» si la communauté internationale n’arrive pas à pousser le Polisario à s’engager dans des négociations sérieuses sur la base du plan d’autonomie. La patience du Royaume a des limites. L’annonce de l’enclenchement du processus de régionalisation lancé dernièrement par le Souverain en constitue un deuxième signal allant dans le même sens et que l’autre partie a certainement capté. Le sixième point en faveur du Maroc que l’on relève dans cette affaire est le fait que le Royaume ait donné la preuve concrètement à la communauté internationale de l’inexistence d’un vrai mouvement, structuré et significatif, de ce que l’on appelle le séparatisme de l’intérieur. Ceux que l’on appelle les séparatistes de l’intérieur ont été incapables de mobiliser la rue, dans les provinces du Sud dans l’affaire Haidar. Alors que l’occasion se prêtait à une démonstration de force de leur part étant donné qu’une répression sanglante était impossible puisque le regard du monde était fixé sur cette région. Ils n’ont rien pu organiser de tel. Ce que la communauté internationale a pu constater, c’est qu’ils ne constituent qu’une petite minorité. Septièmement, un message ferme a été adressé aux petites mains du séparatisme de l’intérieur en leur montrant que la patience des autorités a des limites et qu’il existe des lignes rouges à ne pas franchir. Aller jusqu’à prendre une telle position ferme à l’égard de l’une des principales vedettes de ce séparatisme dit de l’intérieur et qui venait à peine de recevoir un prix américain de la part d’un institut proche du parti démocrate au pouvoir, est une manière de leur dire qu’il existe des limites à la tolérance et que le Maroc, fort de la solidité de son front intérieur, n’aura certainement pas peur de sanctionner toute violation de ses lignes rouges. Mais, au-delà de ces aspects de politique nationale et internationale, analyser le cas Haidar ne peut se faire sans prendre en considération le volet Renseignement. Deux points en faveur du Maroc sont à inscrire sous cet aspect. D’abord, l’affaire Haidar a été le petit bout de fromage qui a fait sortir les rats de leurs trous. Pendant que les yeux étaient focalisés sur Aminatou en grève prétendue à l’aéroport de Lanzarote, les yeux des services marocains étaient, eux, braqués sur tous ceux qui bougeaient et faisient bouger les choses au profit de l’Algérie. Ils ont pu ainsi tester le taux de pénétration des réseaux polisariens dans l’espace européen tant sur le plan politique que civil et ils en ont certainement pu en tracer la carte en faisant sortir les agents de leurs planques. Le deuxième aspect est d’ordre évaluatif. Les services compétents du Royaume ont pu tester la capacité de la machine des services algériens à l’étranger, notamment dans l’espace européen, à réagir face au Maroc et pouvoir par la même occasion en identifier les soutiens et les réseaux. Le résultat a certainement montré qu’elle reste limitée à des lobbies droits-de-l’hommistes dont l’impact sur les politiques de leurs gouvernements respectifs reste très limité. En définitive à chaque chose, malheur est bon. Mais il ne faudrait pas que les dommages collatéraux de la démocratisation marocaine, par leurs excès, et leurs désordres, notamment en matière de liberté d’expression, fabriquent des victoires là où il n’y en a pas en réalité. Ou des défaites là où il n’y en a pas, non plus. Tout est dans la juste mesure et l’analyse équilibrée des évènements. Le problème du Maroc c’est quand l’agenda de quelques « trublions » locaux, mus par des raisons mercantiles, convergent avec l’agenda de ses adversaires. Cela devient un facteur aggravant. Aminatou Haidar est chez elle à Laâyoune depuis plus de trois semaines. Elle est confortablement installée dans la maison qu’elle a pu se procurer grâce aux indemnités qu’elle a perçues de la part de l’Instance équité et réconciliation (IER) et qu’elle a luxueusement meublée grâce aux honoraires et aux indemnités de déplacement qu’elle ne cesse de toucher à chaque fois qu’elle fait une tournée internationale pour défendre le séparatisme polisarien.
Depuis qu’elle est rentrée, elle ne cesse de recevoir des visiteurs notamment venant de l’étranger. Certains, pour lui manifester leur soutien ou juste pour s’enquérir de son état, et d’autres, bien sûr, pour lui passer de vive voix des instructions émanant d’Alger. Bref, elle est là, chez elle, dans son pays, qu’elle trahit, mais qui, lui, tolère, ce péché considérant qu’elle finira comme tant d’autres polisariens par se rendre compte de son égarement. De très grands séparatistes à travers le monde ont fini par changer d’avis. Angel Colom, qui était un grand leader de l’indépendantisme catalan en Espagne, n’a-t-il pas fini par se convertir dans le nationalisme modéré tout en jouant un rôle historique comme médiateur pour la dissolution du groupe terroriste indépendantiste (Terra Lliure) ? L’Histoire nous apprend que les idées changent et que les ennemis d’hier peuvent devenir les alliés de demain. En tout cas, les centaines de cadres polisariens qui ont rallié la mère patrie ces vingt dernières années en attestent.
Mais, le cas Aminatou Haidar reste toutefois une affaire assez particulière. Ayant été refoulée vers Lanzarote – selon sa version –, elle s’est transformée, en l’espace de quelques jours, en figure emblématique du «séparatisme de l’intérieur». Et, sur le plan national, elle est devenue la preuve de ce que d’aucuns considèrent comme «l’échec de la diplomatie marocaine». Pour beaucoup de chroniqueurs locaux, le Polisario gagne et le Maroc perd. Or, il s’agit de deux conclusions tirées très facilement, par naïveté politique dans certains cas, et par intérêt personnel dans d’autres.
Pourtant, l’affaire mérite une analyse plus profonde ne serait-ce que pour la dimension internationale qu’elle a prise et la mobilisation nationale qu’elle a suscitée. Une telle analyse permettrait de répondre à une question simple et directe : «qu’est-ce que le Maroc a gagné, et qu’est-ce qu’il a perdu dans l’affaire Aminatou ?».
Les esprits simplistes qui se sont acharnés sur la position marocaine au lendemain de l’annonce du retour d’Aminatou à Laâyoune considèrent que le Maroc a perdu la bataille car il a fini par céder à «la pression» et accepter le retour de Haidar. Or, qui ne savait pas que, tôt ou tard, il fallait qu’elle rentre au Maroc? Croire le contraire relève, sincèrement, de la naïveté politique. En fait, là où des analystes se sont trempés, c’est quand ils ont analysé l’affaire sous une focale diplomatique. Pour eux, le Maroc a expulsé Aminatou, sa diplomatie devait convaincre le monde entier de soutenir cette décision et le résultat devait être, selon cette manière de voir les choses, que la communauté internationale approuve la décision marocaine. Partant de cela, et le résultat n’ayant pas été conforme aux attentes, ils considèrent que la diplomatie marocaine a échoué.
Maintenant, changeons de focale et regardons les choses autrement. Ce n’est pas la diplomatie qui est derrière le refoulement prétendu de Haidar. Cette décision supposée être préméditée, n’est pas attribuable aux Affaires étrangères, elle relève d’autres services. Et partant de cela, on est censé analyser les choses autrement car les critères de réussite dans les services de renseignements diffèrent de ceux de la diplomatie. Vue sous cet angle, l’affaire Haidar permet de dégager plusieurs points en faveur du Maroc.
D’abord, durant toute l’étape où la séparatiste se trouvait à Lanzarote, l’ensemble de la communauté internationale – celle dont le point de vue compte, évidemment – a reconnu, au moins, la «souveraineté administrative» du Maroc sur les provinces du Sud. Aucune puissance internationale n’a remis en cause, officiellement, le droit du Maroc à faire respecter la loi et les procédures en vigueur sur l’ensemble de son territoire. Les provinces du Sud ne sont pas un territoire colonisé, mais un territoire qui fait l’objet d’un conflit entre deux parties dont l’une a gagné la bataille politiquement et militairement, à savoir le Maroc et les Sahraouis unionistes. Et, de ce fait, le Maroc ne se trouve pas au Sahara en tant que colonisateur et, donc, il a le droit d’appliquer la loi nationale et les habitants du territoire ont l’obligation de la respecter. Aucune puissance internationale n’a dit le contraire. Le deuxième point à inscrire à l’actif du Maroc est la forte sensibilisation de la communauté internationale sur la nécessité d’accélérer la mise en œuvre du processus de négociations sur l’autonomie qui constitue l’unique voie capable de mettre fin au conflit. Le tapage international engendré par cette affaire n’a pas uniquement servi le Polisario, mais il a, surtout, servi la piste marocaine qui consiste à doter ce territoire d’une autonomie élargie. L’ensemble des pays membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU qui ont été appelés à s’exprimer sur cette affaire ont réitéré leur soutien au processus de négociations et leur appréciation de la proposition marocaine d’autonomie.
Troisièmement, le Maroc a saisi cette occasion pour montrer, encore une fois, et pour les nouveaux leaders mondiaux qui viennent de prendre les commandes, son énorme capacité à mobiliser toutes ses composantes politiques et sociales à l’unisson sur l’affaire du Sahara. Un message clair pour ceux qui n’en avaient pas une idée précise sur le fait que les Marocains parlent d’une seule voix sur cette affaire et ce, même quand ils ne sont pas d’accord sur la nature de la démarche adoptée.
Quatrièmement, l’affaire Haidar a permis au Maroc de montrer à ses adversaires une très grande confiance en soi. A travers cette affaire, il a pu envoyer un message de sérénité à ses ennemis conventionnels en leur disant qu’il est très confiant dans sa valeur géopolitique et qu’il peut compter pleinement sur la capacité de ses amis à être compréhensifs avec ses positions de principe. Et le résultat est là : aucune puissance internationale n’a haussé le ton contre le Maroc pour critiquer sa position sur l’affaire Haidar. Tous les messages étrangers étaient basés sur «la médiation pour des raisons humanitaires». Nos adversaires en ont certainement pris acte. Comme ils ont certainement pris note aussi d’un message qui leur a été adressé par le Maroc à travers le dossier Aminatou, à savoir que le Royaume est capable de mettre fin à sa position de «main tendue» si la communauté internationale n’arrive pas à pousser le Polisario à s’engager dans des négociations sérieuses sur la base du plan d’autonomie. La patience du Royaume a des limites. L’annonce de l’enclenchement du processus de régionalisation lancé dernièrement par le Souverain en constitue un deuxième signal allant dans le même sens et que l’autre partie a certainement capté. Le sixième point en faveur du Maroc que l’on relève dans cette affaire est le fait que le Royaume ait donné la preuve concrètement à la communauté internationale de l’inexistence d’un vrai mouvement, structuré et significatif, de ce que l’on appelle le séparatisme de l’intérieur. Ceux que l’on appelle les séparatistes de l’intérieur ont été incapables de mobiliser la rue, dans les provinces du Sud dans l’affaire Haidar. Alors que l’occasion se prêtait à une démonstration de force de leur part étant donné qu’une répression sanglante était impossible puisque le regard du monde était fixé sur cette région. Ils n’ont rien pu organiser de tel. Ce que la communauté internationale a pu constater, c’est qu’ils ne constituent qu’une petite minorité. Septièmement, un message ferme a été adressé aux petites mains du séparatisme de l’intérieur en leur montrant que la patience des autorités a des limites et qu’il existe des lignes rouges à ne pas franchir. Aller jusqu’à prendre une telle position ferme à l’égard de l’une des principales vedettes de ce séparatisme dit de l’intérieur et qui venait à peine de recevoir un prix américain de la part d’un institut proche du parti démocrate au pouvoir, est une manière de leur dire qu’il existe des limites à la tolérance et que le Maroc, fort de la solidité de son front intérieur, n’aura certainement pas peur de sanctionner toute violation de ses lignes rouges. Mais, au-delà de ces aspects de politique nationale et internationale, analyser le cas Haidar ne peut se faire sans prendre en considération le volet Renseignement. Deux points en faveur du Maroc sont à inscrire sous cet aspect. D’abord, l’affaire Haidar a été le petit bout de fromage qui a fait sortir les rats de leurs trous. Pendant que les yeux étaient focalisés sur Aminatou en grève prétendue à l’aéroport de Lanzarote, les yeux des services marocains étaient, eux, braqués sur tous ceux qui bougeaient et faisient bouger les choses au profit de l’Algérie. Ils ont pu ainsi tester le taux de pénétration des réseaux polisariens dans l’espace européen tant sur le plan politique que civil et ils en ont certainement pu en tracer la carte en faisant sortir les agents de leurs planques. Le deuxième aspect est d’ordre évaluatif. Les services compétents du Royaume ont pu tester la capacité de la machine des services algériens à l’étranger, notamment dans l’espace européen, à réagir face au Maroc et pouvoir par la même occasion en identifier les soutiens et les réseaux. Le résultat a certainement montré qu’elle reste limitée à des lobbies droits-de-l’hommistes dont l’impact sur les politiques de leurs gouvernements respectifs reste très limité. En définitive à chaque chose, malheur est bon. Mais il ne faudrait pas que les dommages collatéraux de la démocratisation marocaine, par leurs excès, et leurs désordres, notamment en matière de liberté d’expression, fabriquent des victoires là où il n’y en a pas en réalité. Ou des défaites là où il n’y en a pas, non plus. Tout est dans la juste mesure et l’analyse équilibrée des évènements. Le problème du Maroc c’est quand l’agenda de quelques « trublions » locaux, mus par des raisons mercantiles, convergent avec l’agenda de ses adversaires. Cela devient un facteur aggravant

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