lundi 1 février 2010

Avec la mort de Larbi Belkheir, le dossier du Sahara sera entre les mains exclusives de l’Intelligence militaire Algérienne


Avec la mort de Larbi Belkheir, le dossier du Sahara sera entre les mains exclusives de l’Intelligence militaire Algérienne



Cela faisait presque deux ans qu’il avait disparu des écrans radars, mais son ombre continuait à peser sur les relations marocco-algériennes. Larbi Belkheir, celui qui « murmurait » à l’oreille des différents présidents algériens depuis près de 30 ans, et l’un des principaux « janviéristes », n’est plus depuis jeudi dernier.

En termes symboliques aussi bien qu’opérationnels, cette disparition a des retombées importantes sur le dossier du Sahara , car c’est l’homme qui a participé aux principales avancées dans les rapprochements antérieurs entre Maroc et Algérie qui a disparu. Belkheir, malgré ce qui a pu être écrit, ne s’ennuyait pas à Rabat et prenait son rôle d’ambassadeur très au sérieux. Sans relâche, il aura tenté de renouer les fils du dialogue, de recréer des passerelles entre le maître du Palais d’El Mouradia et le Roi du Maroc. Las, la baisse de son influence auprès du premier cercle, conjuguée à la mainmise de la Sécurité Militaire algérienne sur le dossier de relations bilatérales Maroc-Algérie aura eu raison de son volontarisme et de ses différentes tentatives, qu’elles aient été publiques ou plus …discrètes.

Sur le front intérieur algérien, la mort de Larbi Belkheir-personnage à mi chemin entre Fouché et Talleyrand, à qui l’on prêta une responsabilité considérable dans tous les évènements importants de l’Algérie contemporaine- signifie également que le clan de ceux qui prônaient un dialogue avec le Maroc est définitivement mis hors course. Or, cette donnée est capitale pour tenter de comprendre les évolutions futures de l’Algérie. Sans aucun contre-pouvoir, et avec un Président affaibli par les scandales récents de corruption qui touchent son entourage (comme par magie !) la Sécurité Militaire, avec à sa tête le Général Mohammed Mediène (alias Toufik), est désormais la seule à déterminer la marche du pays, et sera celle qui désignera le futur candidat à l’élection présidentielle…un certain Ahmed Ouayahia. Le dossier du Sahara va, semble-t-il, s’enliser dans les sables mous de la manipulation habituelle des services algériens. La plus grande force du diable est de faire croire qu'il n'existe pas!

Le caractère militaire et fermé des camps de Tindouf, "un cas unique dans l'univers humanitaire"


Le caractère militaire et fermé des camps de Tindouf, "un cas unique dans l'univers humanitaire"

Le caractère militaire et fermé des camps de Tindouf en territoire algérien en fait "un cas unique dans l'univers humanitaire" et, en tant que pays d'accueil, l'Algérie assume une responsabilité politique et des obligations juridiques et humanitaires, a affirmé le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, M. Taïb Fassi Fihri.

Le caractère militaire et fermé de ces camps en fait un cas unique dans l'univers humanitaire", a indiqué M. Fassi Fihri dans une lettre adressée au Secrétaire général de l'ONU.

"Cette situation interpelle la conscience humaine et ne saurait être, trois décennies plus tard, encore tolérée par la communauté internationale qui bannit clairement la présence d'éléments armés dans les camps de réfugiés et prô ne le droit à la liberté de circulation, totalement refusé aux populations de Tindouf", a-t-il insisté.

Mettant l'accent sur la dimension humanitaire du différend autour du Sahara, M. Fassi Fihri a affirmé que ce volet "exige plutô t de s'attarder sur la situation collective, dramatique et singulière des populations retenues dans les camps de Tindouf, en Algérie".

Dans cette lettre, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération souligne qu'"il est, également, légitime de s'interroger sur le référentiel juridique applicable dans ces camps : quelles lois s'appliquent dans cette partie du territoire algérien vis-à-vis de ces populations civiles? Celles, naturelles, de l'Etat algérien sur son territoire national? Ou celles, inédites, +concédées+ à un groupe armé, le polisario?".

"En tant que pays d'accueil, l'Algérie assume une responsabilité politique et des obligations juridiques et humanitaires, dont la moindre est de permettre au HCR de s'acquitter de son mandat de protection de ces populations vulnérables, à commencer par le droit à l'interview individuelle et à l'enregistrement, devant mener au retour librement consenti", relève la lettre qui fait remarquer que "les +considérations politiques+, avancées par l'Algérie pour se soustraire à ses obligations dans ce domaine sont juridiquement illégales, éthiquement immorales et humainement insupportables".

Une confédération d'associations ivoiriennes dénonce la responsabilité d'Alger dans les violations des droits humains à Tindouf

Une confédération d'associations ivoiriennes dénonce la responsabilité d'Alger dans les violations des droits humains à Tindouf


Le conseil exécutif de la Confédération des associations, organisations et conseils islamiques de Cô te d'Ivoire a publié, jeudi, une déclaration dénonçant fermement "La démission de l'Algérie de ses responsabilités sur les violations des droits humains des populations des camps de Tindouf".





Dans un récapitulatif basé sur les conclusions de rapports d'ONG internationales sur la situation préoccupante des droits humains dans les camps de détention à Tindouf, la confédération rappelle les multiples exactions et violations des droits les plus élémentaires dont sont victimes les sahraouis détenus dans ces camps de la honte.

Se référant au rapport de l'ONG américaine US Commitee For Refugiees and Immigrant (USCRI), le collectif ivoirien déplore que la liberté de mouvement des personnes vivant dans les camps est strictement contrô lée et assujettie à un 'ordre de mission ou permis collectif dont les critères de délivrance ne sont pas connues.

La confédération ivoirienne évoque aussi l'instrumentalisation par le polisario des échanges familiaux en refusant à des familles entières de participer à cette opération humanitaire afin de les dissuader de rester au Sahara marocain.

La déclaration, dont copie a été remise à la présidence et à la primature ivoiriennes, à l'assemblée nationale ivoirienne, à plusieurs ambassades à Abidjan, dont celle de la France et des Etats-Unis, et à la représentation des Nations Unies en Cô te d'Ivoire, relate les persécussions inhumaines infligées aux sahraouis détenus dans les camps de Tindouf dès qu'ils osent braver le diktat et l'arbitraire imposés par le polisario.

La confédération souligne, à ce sujet, l'existence à Tindouf de différents centres de détention arbitraires et des supplices cruels sont de mise notamment le châtiment consistant à "enfermer dans des conteneurs" les sahraouis qui tentent de fuir les camps de Tindouf.

D'autre part, la déclaration dénonce le détournement de l'aide humanitaire destinée aux séquestrés de Tindouf et déplore le refus systématique de l'Algérie d'accéder à la demande d'organismes internationaux pour effectuer un recensement des populations à Tindouf.

"Le HCR et le PAM ont demandé à plusieurs reprises la permission de conduire un recensement des populations des camps de Tindouf en vue de procéder à une distribution de l'aide basée sur des informations crédibles. Or M. Antonio Guterres, Haut commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, a déclaré en septembre dernier que l'Algérie n'accepte pas ce recensement", souligne à ce sujet la Confédération ivoirienne.

En raison de cette situation insoutenable, "9 sahraouis sur 10 à Tindouf souhaitent disposer de visa pour fuir les camps et émigrer dans un pays étranger", indique le document en se référant à un sondage effectué auprès des populations de Tindouf.

En conclusion, la Confédération des associations ivoiriennes demande au gouvernement algérien de "prendre l'initiative de dénoncer et de condamner les coupables de ces exactions et d'agir dans le cadre du respect des obligations et engagements de la convention de 1951 relative au statut de réfugiés et son protocole de 1967 qui implique le rejet de tout mauvais traitement aux réfugiés et leurs familles".

L'Algérie est responsable du blocage de la question au Sahara

L'Algérie est responsable du blocage de la question au Sahara


L'Algérie doit assumer l'entière responsabilité du blocage de la question du Sahara, a souligné, jeudi soir à Marrakech, le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, M. Khalid Naciri.




"L'Algérie a fabriqué le polisario, l'a armé et l'a installé sur son territoire et refuse au Haut commissariat aux réfugiés (HCR) de venir enquêter et recenser la population" séquetrée dans les camps de Tindouf", a affirmé le ministre, lors d'une réception offerte en l'honneur des journalistes professionnels participant à la 56ème rencontre du Ski Club International (SCIJ) organisée du 23 au 30 janvier à Marrakech.

"L'Algérie met ainsi en œuvre une politique agressive et contraire à la Charte des Nations unies, d'autant plus qu'elle continue à refuser d'ouvrir les frontières malgré la main tendue du Maroc", a-t-il ajouté.

Après avoir donné un aperçu historique sur la question du Sahara, le ministre a rappelé que le Maroc a proposé la solution d'une large autonomie qui a été qualifiée de "sérieuse" et de "crédible" par la communauté internationale.

L'autonomie accorde aux habitants de la région de larges prérogatives dans la gestion de leurs affaires locales, a-t-il expliqué, ajoutant qu'il s'agit également d'une solution de "ni vainqueur ni vaincu" qui garantit l'intégration maghrébine à laquelle aspirent les peuples de la région.

Organisée avec le soutien de plusieurs partenaires, dont les ministères de la Communication, du Tourisme et de la Jeunesse et des Sports, l'Agence Maghreb Arabe Presse (MAP) et la Fédération royale marocaine de Ski et sports de Montagne, la 56ème rencontre du SCIJ connaît la participation de plus de 200 journalistes venus de 33 pays.

Charles Saint-Prot : Le conflit sur le Sahara marocain entrave la nécessaire union du Maghreb Arabe


Charles Saint-Prot : Le conflit sur le Sahara marocain entrave la nécessaire union du Maghreb Arabe






Le conflit sur le Sahara marocain entrave la nécessaire union du Maghreb Arabe et le développement de la coopération économique, politique et sécuritaire de pays frères, a indiqué, jeudi à Marrakech, le Directeur de l'Observatoire d'études géopolitiques basé à Paris, M. Charles Saint-Prot.





"Cette situation conduit le Maghreb à prendre du retard dans la mondialisation et à rester une zone d'insécurité", a souligné M. Saint-Prot lors du 1-er symposium international sur la sécurité en Afrique, organisé actuellement à Marrakech.

Selon le chercheur français, la coopération intermaghrébine est également une obligation en matière de sécurité en raison des nouveaux risques de déstabilisation que font courir les groupes mafieux et terroristes dans l'espace sahélo-saharien.

"La persistance du conflit, les dissensions inutiles qu'il crée, l'existence d'une milice armée de plus en plus incontrô lée ont des conséquences géopolitiques importantes" a-t-il expliqué, appelant à cesser d'aborder la question du Sahara selon des schémas obsolètes et des objectifs idéologiques dépassés.

"Il est clair qu'un Etat +Sahraoui+ détaché du Maroc serait non seulement illégitime mais il serait dangereux car cela constituerait un grave précédent et un risque de balkanisation de toute la région", soutient-il.

A l'heure où tout le monde sait qu'il faut construire de grands ensembles favorisant l'intégration et la coopération entre les Etats, il serait lamentable de voir se multiplier de micro-Etats artificiels, a ajouté le chercheur français, affirmant que la présence d'un groupe paramilitaire comme le "Polisario" vient ajouter un risque supplémentaire d'insécurité dans une région qui est la proie de la grande criminalité.

Pour l'expert français, "la solution est simple, tout le monde la connait : c'est le désarmement du "Polisario" et un règlement définitif fondé sur l'initiative d'autonomie proposée par le Maroc".

Placée sous le thème "La sécurité en Afrique : Défis et perspectives", cette rencontre a pour objectif notamment de promouvoir le dialogue entre les Etats participants, compte tenu de l'ampleur de la nature de plus en plus complexe et évolutive des enjeux économiques, environnementaux et sécuritaires en Afrique.

Organisé durant trois jours par la Fédération Africaine des Etudes Stratégiques (FAES), ce symposium constitue une occasion pour les participants de débattre de questions ayant trait aux multiples défis sécuritaires et stratégiques auxquels sont confrontés les pays africains. Le symposium portera sur plusieurs axes notamment "Les menaces et vulnérabilités sécuritaires en Afrique", "Le terrorisme international et son impact sur l'Afrique", "Prévention et gestion des conflits en Afrique" et "La gouvernance du secteur de la sécurité en Afrique.